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Le rêve de Fitzpatrick: l'octroi de diplômes par l'Association des camps de lecture

En 1919, l'Association des camps de lecture a soumis une demande de changement de nom au Gouvernement du Canada. Après 1920, l'organisme allait désormais se nommer Collège Frontière et en 1922, pour refléter sa portée nationale, Collège Frontière s'est vu octroyé une charte. Cette charte lui donnait le droit d'accorder des diplômes universitaires. On assista à la réalisation du plus grand rêve de Fitzpatrick : la reconnaissance de la validité académique d'études réalisées en dehors des milieux d'enseignement traditionnels. Un ouvrier qui étudiait à la lueur d'une lampe à l'huile dans le dortoir d'un camp de bûcheron pourrait désormais recevoir un diplôme universitaire tout comme un individu pouvait le faire dans les réputés corridors de McGill ou de l'Université de Toronto. Fitzpatrick se mis à l'oeuvre et établit des curriculums et des plans de cours avec l'aide de visionnaires comme Charles G.D. Roberts et C.D. Howe.

Le rêve, cependant, fut de courte durée. Seulement trois diplômes ont pu être accordés avant que tout ne s'écroulât. Pour faire une histoire courte, Collège Frontière aurait voulu avoir le même statut que l'Université de Toronto, mais la réciproque n'était pas vraie. Avec l'Université de Toronto en tête, les universités canadiennes ont exercé de fortes pressions et le gouvernement de l'Ontario, en 1932, a réussi à faire révoquer le droit de Collège Frontière d'octroyer des diplômes universitaires. L'argument utilisé? En accordant une charte à cette institution unique le gouvernement fédéral avait empiété sur les pouvoirs constitutionnels des provinces. En fin de compte, le gouvernement de l'Ontario a refusé tout soutien financier à Collège Frontière à moins que celui-ci n'octroie plus de diplômes universitaires. Nous étions au tout début de la dépression; placé devant cette situation financière précaire, le conseil d'administration de Collège Frontière décida de se conformer.

Fitzpatrick était dévasté et démissionna de son poste de directeur. La fin du rêve, selon certains, l'on mené à une mort précoce en 1936. Collège Frontière revint à sa mission d'origine : l'éducation informelle offerte à ceux qui étaient laissés pour compte. Cette mission simple et directe correspondait en tous points à Edmund Bradwin, l'homme qui allait succéder à Fitzpatrick. Il fit la promotion d'un retour aux sources et désavoua toute compétition avec les institutions d'enseignement existantes. Lorsque les camps de la Grande dépression des années 30 se remplirent d'hommes sans emploi, il mit environ 200 ouvriers-enseignants à contribution chaque année.

Les communications de Bradwin avec les bénévoles étaient très brèves, habituellement des missives d'une page intitulées «Aide». Durant les années où il fut directeur, il en envoya des douzaines. Elles constituaient en partie un manuel de l'instructeur et en partie un exposé de ses idées philosophiques. Voici la première communication qui a probablement été envoyée vers 1930.

Les débuts de Collège Frontière

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